Mercredi 28 septembre 2011 3 28 /09 /Sep /2011 14:38

 

    Un nouveau dimanche, une nouvelle liturgie, une nouvelle paroisse et, de nouvelles rencontres...

Cette fois-ci, peu de route à faire, car l'église de Père Théophile ne se trouve pas loin de chez nous. Après une vingtaine de minutes passées sur des chemins de sable, au cœur d'un quartier résidentiel délabré, « encouragés » par les cris de surprises des enfants qui nous aperçoivent et qui nous servent le désormais traditionnel :

« Yovo, Yovo, bonsoir! ça va bien? Merci! »

(cliquez pour télécharger)

Nous arrivons. [Une fois de plus, nous ne préciserons pas que nous sommes en retard, ni pourquoi...!] Nous pénétrons dans la paroisse Saint Jean Chrysostome. Un très joli édifice, sobre mais achevé. Ce qui ici est une grand luxe nous semble-t-il. Là, pas de gardien de l'ordre, nous choisissons donc seuls notre banc (au fond de l'église!) mais ne passons évidemment pas inaperçus! Tous les regards se tournent vers nous, mais aussi incroyable que cela puisse paraître, on commence presque à s'y faire!

Ici, les chants sont de types byzantins et pour la plupart en français. Noël est d'ailleurs ravi de pouvoir se joindre à la chorale pour nous montrer ses talents de chantre, car lui ne chante qu'en byzantin. Nous sommes d'entrée subjugués par le fait que TOUT est chanté par cœur! Aucune partition, livret ou texte, rien! Une fois de plus, il y a de quoi rougir! Pour les initiés, même les tropaires des saints du jour sont récités ainsi. Et avec une telle ferveur...

Et puis l'étonnement laisse place à l'émotion. C'est une telle sensation pour moi que d'être plongée dans un monde si étranger, si déroutant parfois, et d'y percevoir tout à coup l'odeur familière et rassurante de l'encens! Et pour la seconde fois, bien qu'à des centaines de kilomètres de nos familles, nous nous sentons chez nous. Avec un effort infime, je suis de retour à la maison...

Mais ces autochtones ont l'art et la manière de vous faire revenir à la réalité! Voyez un peu : Lors de son homélie, qui s'apparenterait d'ailleurs plus à un (con)cours de caté interactif, Père Théophile prêche l'unité entre les hommes, prône un accueil sans faille de l'étranger et... nous invite bien-sûr à le rejoindre! Et RE-Diantre, on est fait comme des rats! Moins surpris que la dernière fois mais tout aussi confus, nous le rejoignons.

IMG 2022 

« YENI KPA MANHOU! »

« TE GBESOYI !»

 

« Dieu soit loué! »

 « Maintenant et pour toujours !»

 

Et le père de nous présenter à sa communauté en répétant avec force : « Ici, personne n'est noir ou blanc, français ou béninois! Ici, tout le monde est orthodoxe! Voyez, nous sommes frères maintenant et pour l'éternité! » Qu'ajoutez à cela...? Je vous le demande.

La liturgie reprend son cours, le chœur interprétant ces mélodies byzantines avec entrain. Je me fais d'ailleurs la réflexion que je n'ai rarement, pour ne pas dire jamais, entendu des chants byzantins si rythmés, si dansants. Cela leur va si bien! Le djembe n'est pas encore entré dans la danse qu'on a déjà envie de frapper des mains!

 

Et puis, comme dimanche dernier (qui nous paraît déjà si loin), le premier coup de tambour retentit. Les petits enfants vont se placer bien en ordre face au prêtre pour recevoir la communion. Et le chœur abandonne le français pour le fongbe, troque le byzantin contre le maracas et le djembe, et nous entraîne avec lui vers une joie sans ombre.   IMG_2030.JPG

Mais, alors que nous nous croyions tranquilles pour une semaine au moins, voilà que ce filou de père Théophile nous réinvite à ses côtés. Pour cette fois expliquer à tous qui nous sommes, ce que nous faisons comme travail et le pourquoi de notre séjour chez eux. Noël est là pour traduire nos réponses en fongbe, il en profite d'ailleurs pour « conférencer » un peu je crois parce que le « merci de nous accueillir si chaleureusement », ne prend pas cinq minutes, même en fon! Peu importe, il a l'air de bien parler puisque les gens sourient, voire rient... ça me fait penser qu'il va vraiment falloir qu'on apprenne leur langue parce que j'aimerais bien rire avec eux (surtout si ça me concerne!!).

Pour nous remettre de nos émotions, le père nous invite dans sa sacristie, seul endroit de fraîcheur et d'ombre des alentours et nous offre généreusement de grandes bières et des friands au poisson, dé-li-cieux!! S'ensuit un long moment d'échanges agréable, oscillant, comme à l'accoutumée, entre légèreté, réflexions, hilarité et sincérité...

 IMG_2041.JPG

                                                le père Théophile

YENI KPA MANHOU!

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