Partager l'article ! Liturgie à Porto-Novo: 7h45 du matin. Noël et son fils Nicandre nous attendent au pied de notre immeuble, sourire aux lèvres ...
7h45 du matin. Noël et son fils Nicandre nous attendent au pied de notre immeuble, sourire aux lèvres et bécanes en mains. Bon... On oubliera de préciser que le rendez-vous avait été pris à 7h... (trois)quart(s) d'heure de politesse africaine oblige(nt)! Peu importe, impatients, nous enfourchons les motos, moi derrière Nicandre et Micha derrière Noël! Nous voilà en route pour l'église orthodoxe Sainte Catherine, une petite heure de trajet en perspective, cheveux au vent (« Ah! Tu parles d'un casque! »)...
Une heure de route et autant de surprises, d'émerveillements, de stupéfactions même! Et moi qui pensais, naïvement certes, que ma rencontre avec cette foi si fervente des Africains aurait lieu au sein d'une église, je me suis aperçue qu'elle se trouve partout, partout.
Démonstration par l'exemple :
Les noms des innombrables petites boutiques, entreprises et échoppes qui pullulent aux abords des chemins : La Main de Dieu, coiffeur; Ets Dieu Fait, électricien; Ets La Sainte Famille, manucure, pédicure; Le Sang de Dieu, buvette; Ets Grace of God, mobilier de jardin... Et j'en passe et des meilleures!
Autre « cocasserie » du genre.. à l'arrière du bolide de notre guide, sur ce qui sert certainement de pare-boue de fortune est écrit : « God is Rule ».
Bref, je ne m'étendrais pas plus sur ce sujet car il mérite bien un billet à lui tout seul!!
Et puis l'essence de cette merveilleuse journée ne réside pas là.
A 9h et des poussières (c'est le cas de le dire!), nous arrivons devant une immense bâtisse de parpaings, sans
fenêtre, sans porte, sans revêtement. Les lieux pourraient nous
paraître tristes, pauvres, abandonnés même, si de là ne s'envolaient pas des chants merveilleusement priants et mélodieux. Des chants comme on en a si souvent entendus chez nous, dans nos
églises, dans nos paroisses. Des chants qui en ces lieux nous paraissent irréels.. (comme dirait Akhénaton).
Nous nous approchons de l'entrée de l'église, accompagnés littéralement par nos amis. Là, un homme nous reçoit, il se présente, Frère Jean.
La liturgie est déjà entamée mais il prend le temps de connaître nos noms, de nous féliciter de notre venue.
Et enfin... nous pénétrons dans la nef, toujours précédés de ce même homme qui s'avère être l'un des trois « gardiens de l'ordre ». Il nous invite à nous asseoir au second rang, certainement réservé pour nous! Quelle gêne pour nous deux qui souhaitions être le plus discret possible, qui voulions nous faire tout petit pour ne pas perturber leur quotidien...
Mais ici, on ne se fait pas discret. On est accueilli. On est reçu. On est le bienvenu. Il va falloir qu'on s'habitue à cela, nous, petits parisiens isolés...
La liturgie suit son cours.. Nous découvrons le père Benoît resplendissant dans ses ornements rouge et or, nous découvrons
les nombreux choristes fièrement vêtus d'une toge d'or qui, malgré nous, nous projette au cœur d'une cérémonie de fin d'année d'une faculté américaine!
Le temps de la communion arrive et avec lui, les percussions! Nous sommes aux anges, évidemment nous n'attendions que ça! Plus de mélodies slavonnes, plus de français, mais des chants en Fongbe et des djembes, des maracas perlés. L'assemblée s'anime, les enfants qui jusque là nous impressionnaient par leur sérieux, leur tenue parfaite, se mettent à danser discrètement sur leur banc, les vieilles femmes aussi frappent doucement des mains. Nous sentons qu'enfin nos hôtes laissent parler leur amour du rythme, du tam-tam!
Et puis tout le monde se met en rang pour recevoir la communion, dans un ordre parfait, le chœur d'abord, les enfants toujours si sages, puis le reste des fidèles. Nous nous joignons à eux, peu à l'aise, mais tellement émus d'avoir la chance de faire pour un temps partie de cette communauté.
Ainsi se passe le reste de la célébration, avec, pour notre plus grande joie, de plus en plus de rythme, de percus et de sourires! Les
mots manquent, je vous jure, pour décrire ces instants. Les photos et les films que nous avons pris parleront d'eux-même.
A la fin de l'office, le père Benoît s'adresse à sa paroisse, félicite ses fidèles d'avoir communier puis... nous demande de venir près de lui pour nous présenter...! Diantre! On est fait comme des rats! On se lève, atteignant au passage le paroxysme de la gêne je crois..! Et on se présente, on tente tant bien que mal de leur dire que c'est nous qui sommes émus, que nous réalisons en ce moment même un de nos rêves auprès d'eux... Le message est-il passé? Je ne sais pas mais au moins, quelques mots sont sortis de nos sourires béats...!
La suite de cette journée au prochain épisode. Il faut faire durer le plaisir!
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